Une chanson que nous avons évoquée avec mon ami Bernard en randonnée sous le col d'Espenel...
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dimanche 29 mai 2016
vendredi 6 mai 2016
Salut Bob !
Bob aimait la vie, le jazz, sa femme, Catherine, et Stéphane, sa fille, ses amis, le pinard – le bon –, les chats, sa maison chaleureuse, dans la banlieue de Paris, avec son jardin, son bar, et plein de bouteilles derrière le bar.
J'ai infiniment de reconnaissance pour lui. Je crois qu’il m’aimait bien. Moi, pareil même si on se voyait peu. J’aimais ses dessins, son courage, sa férocité. Sa voix. Sa liberté. Et je n’oublie pas que c’est celui qui m’a défendu le premier quand toute l’équipe de Charlie Hebdo ou presque me dézinguait.
Une orchestration totale et dégueulasse
Quand j’ai été attaqué par Philippe Val dans ses éditos truffés d’erreurs et de bile, il a été le seul à prendre ma défense et à expliquer pourquoi Val et Richard Malka, l’avocat du journal, étaient "deux beaux enfoirés". Cet épisode a été le début de sa mise au ban et de son combat contre Charlie. De la naissance de Siné hebdo.
Bob ne comprenait rien à Clearstream, à la finance, mais il savait que j’avais raison. Il avait compris que l’avocat de Clearstream était aussi l’avocat de Charlie Hebdo, et que c’était la principale raison des articles contre moi. Il y a eu un montage visant à me calomnier. Il y a eu aussi un montage contre lui pour le calomnier. C’est le seul à s’être élevé pour dire que ce n’était pas possible que ce journal continue à me salir.
Il l’a écrit dans sa chronique. Il m’a défendu avec courage face à cette assemblée de pleutres, qu’étaient les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo. Et il a été renvoyé de ce journal pour cette raison. Ensuite, ils ont prétexté des déclarations à caractère antisémite concernant le fils de Nicolas Sarkozy. Mais ce n’était pas la raison première. Tout ça, on le sait aujourd’hui, c’était bidon. C’était une orchestration totale et dégueulasse montée par Val et ses amis.
Au moment des attentats, il a baissé les armes
Siné était un dur à cuire mais l’accusation d’antisémitisme était insupportable pour lui. Être traîné d’antisémite équivaut à être traité de "sale juif". Il s’est battu avec énergie contre ses accusations. Il a gagné devant les tribunaux. ça n’a pas empêché ses détracteurs de persévérer. Le dernier en date était BHL, contre qui Bob a porté plainte pour diffamation.
Il était effectivement fâché avec l’équipe de Charlie. Il avait été surtout affecté par la trahison de Charb, qu’il considérait comme une sorte de fils spirituel. Les attentats de janvier ont radouci sa colère. Il avait perdu des amis. Il était triste pour Charb. Il en parle avec émotion dans notre film. Il aimait beaucoup Tignous aussi. Cet événement tragique a été le moment de baisser les armes.
Cela me navre aujourd’hui que l’on parle d’antisémitisme au moment de sa mort dans les flashs infos. Cette polémique l’a suivie, lui a collé à la peau comme une sale rumeur. Il en était affecté. Bob était un athée pur souche. Il a passé sa vie à cracher sur toutes les religions.
Faire chier les cons, ad vitam aeternam
Aujourd'hui, je ressens beaucoup de tristesse et un peu de rage. Je l’avais imaginé increvable. Ce qui le maintenait en vie, c’était la connerie, l’injustice. Ça le foutait en rogne. Il était courageux. Il ouvrait des brèches.
Aujourd'hui, je ressens beaucoup de tristesse et un peu de rage. Je l’avais imaginé increvable. Ce qui le maintenait en vie, c’était la connerie, l’injustice. Ça le foutait en rogne. Il était courageux. Il ouvrait des brèches.
Son refus des convenances et de l’ordre établi remontait à son enfance, à son père qui était anarchiste et antimilitariste. Puis à la guerre d’Algérie où il avait soutenu le FLN contre De Gaulle et l’OAS. Il a toujours été du côté des opprimés, à contre-courant, il a toujours été là. Avec force, il a toujours tenu des propos virulents contre les curés, l’armée, les policiers...
Je me souviens, à l’enterrement de Cavanna, il a eu cette phrase :
"Il parait que dans Paris, un bruit court selon lequel il existerait un pari entre Cavanna et moi, pour savoir qui de nous deux allait crever le premier. Si ça avait été moi, il serait triste aujourd’hui comme je le suis. Notre rêve eut été qu’on soit éternel tous les deux, pour continuer à faire chier ad vitam aeternam tous ceux qu’on détestait en commun."
Et ils sont nombreux. A nous, ses amis, de reprendre le flambeau. On a du travail.
La fin des haricots
Bob a affronté la mort crânement, avec courage. Il s’en est moqué. Il y a deux jours, il nous a écrit dans un mot nous annonçant sa prochaine opération, qu’il serrait les fesses : l’intervention qu’il allait subir, pour lui enlever de l’eau des poumons, était plus compliquée que d’habitude. Son ton était plus grave. Comme s’il voulait nous prévenir.
Bob a affronté la mort crânement, avec courage. Il s’en est moqué. Il y a deux jours, il nous a écrit dans un mot nous annonçant sa prochaine opération, qu’il serrait les fesses : l’intervention qu’il allait subir, pour lui enlever de l’eau des poumons, était plus compliquée que d’habitude. Son ton était plus grave. Comme s’il voulait nous prévenir.
On avait l’habitude de ses foucades, on pensait qu’il était increvable. Qu’une fois de plus, il allait gagner la partie. Il avait fait de son combat contre les cancers une sorte de feuilleton. Et il gagnait tout le temps. Chaque fois, il avait cette énergie indomptable. Aujourd’hui, sa mort laisse pantois. On se sent un peu plus seul. À 87 ans, il avait la niaque d’un type de 20 ballais.
Il sentait sans doute que c’était la fin des haricots. Dans son dernier message, il était un peu vacillant, pour la première fois.
Bob était un "va-t-en-guerre" surtout face à la mort. Il arrive un moment où, quand on est tout près d’y passer, on prend peur. Pas lui. En tout cas, il ne le montrait pas. Il y avait sans doute de la douleur, de l’inquiétude, mais aussi, je pense, de la curiosité. Et de la lassitude.
Par la manière dont il écrivait et dessinait autour de la mort et la maladie, il nous donnait des leçons de courage. Je garde ça de lui, dans les derniers moments : ce courage avec lequel il affrontait les ténèbres et la connerie. Toujours. Jusqu’au bout.
Denis ROBERT journaliste et écrivain.
mercredi 4 mai 2016
vendredi 29 avril 2016
Les gorges du Verdon
DEUX SUPERBES RANDONNEES DANS LES GORGES DU VERDON, AVEC DES PASSAGES TRES AERIENS ET DES PENTES TRES RAIDES. UN HEBERGEMENT SYMPA, UNE BANDE DE BONS COPAINS, TOUT POUR FAIRE UNE BONNE SORTIE. MERCI GILBERT !
Le joueur d’échecs, de Stephan Sweig, avec Francis Huster.
Voyage Daniel Brésil 2016
Un très beau texte, signé Stephan Sweig, porté par
un acteur remarquable, Francis Huster, aux Cordeliers à Romans.
Fuyant la
guerre, Stephan Zweig prend le bateau qui l’emporte en Amérique du Sud. Pendant
la traversée, un combat s’engage qui le passionne, ainsi que tous les voyageurs
: au-dessus d’un jeu d’échecs s’affrontent le champion du monde Csentovic, une
brute lente, cupide, inculte, antipathique, qui n’a jamais perdu une partie et
le mystérieux Monsieur B., un aristocrate viennois, sensible, raffiné, qui
vient d’échapper aux griffes de la Gestapo.
Qui gagnera ? L’intelligence et la culture ont-elles encore une chance dans ce monde qui sombre dans la barbarie ? Dans cette version théâtrale, Eric-Emmanuel Schmitt montre comment cette fable sur les échecs est une confession de Zweig, son œuvre sans doute la plus autobiographique. Lui qui s'est battu pendant toute sa vie pour la culture et une conception européenne de la civilisation, est bien obligé, face à Hitler, de conclure qu'il a perdu.
Qui gagnera ? L’intelligence et la culture ont-elles encore une chance dans ce monde qui sombre dans la barbarie ? Dans cette version théâtrale, Eric-Emmanuel Schmitt montre comment cette fable sur les échecs est une confession de Zweig, son œuvre sans doute la plus autobiographique. Lui qui s'est battu pendant toute sa vie pour la culture et une conception européenne de la civilisation, est bien obligé, face à Hitler, de conclure qu'il a perdu.
samedi 23 avril 2016
BRESIL
Dimanche soir (17 avril), le
parlement brésilien a voté la poursuite du processus de destitution
(« impeachment ») de la présidente Dilma. C’était prévisible tant les
forces réactionnaires ont préparé le terrain de longue date. Je n’ai pas un
engouement particulier pour Dilma Roussef et sa politique (qui s’aligne pour
une part sur les demandes du FMI), mais nombre de ceux qui organisent sa chute
sont des politiciens parmi les plus réactionnaires. J’ai suivi le vote pour partie dans la rue au côté de milliers de
brésiliens opposés à la destitution qu’ils vivent comme un coup d’État
institutionnel (O golpe) manigancé par ce qu’ils désignent comme des crapules
politiques.
Le vote était public et
retransmis partout, chaque député venant expliquer son vote en « quelques
mots » et dire oralement son choix. Cela a donc pris des heures. Quelques
remarques :
Le pays est apparemment coupé
en deux comme les manifestations de rue pour ou contre la destitution le
montrent. Il connaît probablement une autre coupure qui est géographique. Les
députés des États du sud du Brésil étaient très majoritairement pour la
destitution. Ceux du nord et du Nordeste (où je me trouve) étaient beaucoup
plus contra la destitution. Le sud, ce sont les États riches (pas pour tout le
monde, évidemment), les États de la production industrielle, des très grandes
entreprises agro-industrielles ; ce sont aussi des États avec plus de
populations d’origine européenne… Le Nordeste réunit un ensemble d’État
beaucoup plus pauvre, souvent frappés par la sécheresse (au point de créer des
famines et de l’exode jusque dans les années 80 au moins) ; la population est
beaucoup plus métissée que dans le sud. D’ailleurs nombre d’habitants des
favelas du sud sont des Nordestins ayant tenté de fuir la misère. J’ajoute que
le mépris d’une partie des habitants du sud (les classes moyennes et supérieurs
surtout) pour le Nord et le Nordeste est souvent affiché.
Les justifications du vote pour
l’impeachment valaient leur pesant d’or. « Pour mon pays, ma région,
ma femme (suivie du long prénom), mes enfants que j’adorent, ma mère, mon père
qui ont tant souffert des communistes (le parti des travailleurs), je vote
Oui » ; « pour débarrasser le pays des racailles, je vote oui »
; « pour l’honneur de la police militaire, je vote oui » ;
« pour revenir à la richesse du pays et de ses entreprises, je vote
oui » (NB : le pays a connu une période d’expansion économique importante
(pour le meilleur et parfois le moins bon) sous Lula) ; « contre ces
bandits de Lula, Dilma et du PT, je vote oui » ; « pour Dieu, ma
famille évangélique, je vote oui », etc. Une remarque s’impose ici sur le
poids des différentes églises, notamment des évangélistes dans la politique,
les mêmes qui soutiennent les politiciens le plus à droite aux États-Unis. Sans
parler des campagnes homophobes (un député votant pour le non à la destitution
et connu pour ses relations homosexuelles a été insulté par un député de droite
juste après qu’il ait voté, ce qui a valu à ce dernier de recevoir un crachat),
décrivant les pauvres comme des fainéants (c’est la « faute » de Lula
qui a développé les bourses familiales pour les plus pauvres en redistribuant
l’argent de la croissance), des incapables, des voleurs. Réactionnaires ces
forces politiques ? Sans aucun doute car elles veulent revenir sur tous les
petits acquis pour les « classes populaires », les indiens, les
communautés « noires », etc. de la période initiée par l’élection de
Lula en 2003.
J’ai passé un moment de la soirée de vote avec les milliers de militants et de personnes mobilisés contre la destitution de Dilma qu’ils vivent comme un coup d’État (o golpe) et qui occupaient une très grande avenue de Fortaleza. Leur bel enthousiasme sans trop d’illusion faisait chaud au coeur. Pour eux, la déception se mêle à l’idée que « la lutte contre « o golpe » va continuer.
(Extrait du blog de Daniel :voyagedaniel.wordpress.com)
samedi 2 avril 2016
Jazzezfunk
Une très bonne soirée à la Miellerie, chez Babeth et Daniel : Django Reinhart revisité par les trois excellents musiciens de "Greg Aubert Organ Trio".
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