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dimanche 22 septembre 2013

La mort du socialisme

Un article d'Agnès MAILLARD "Le Monolecte" que j'approuve sans réserve.



Parfois, au cœur de la nuit, je me dis que tout cela n'est qu'une vaste fumisterie, que nous sommes tous morts, si nous avons jamais été vivants, et que c'est exactement ça l'enfer : un endroit de merde où tout marche sur la tête.
Cela fait un bail que je ne crois plus aux manifestations, mais ça n'en reste pas moins quelque chose d'autrement plus concret que les foutues pétitions en ligne, tout aussi inefficaces, mais qui flattent l'égo des fainéants individualistes et productivistes en leur donnant l'illusion de continuer à participer aux affaires du monde en un clic, le cul dans leur fauteuil de bureau à vérin hydraulique.
Je suis donc allée à la manifestation du bled en chef pour deux raisons très valables à mes yeux : revoir les potes militants qui sont éparpillés dans tout le département, mais que je suis à peu près certaine de revoir systématiquement à ce genre de rassemblement et aller contempler de mes yeux la trahison socialiste.
Il faut comprendre à quel point le socialisme français contemporain me sort littéralement par les trous de nez : tous ces bons sentiments dégoulinants qui ne sont jamais traduits dans les faits autrement que par l'accès au pouvoir symbolique et par la reddition sans conditions à la logique capitaliste la plus gerbeuse.
Cela fait belle lurette que j'ai acté la trahison de l'élite dirigeante socialiste, trahison évidente depuis 2005, mais déjà largement consommée dès 1983, trahison relativement assumée ces dernières années, sous prétexte de pragmatisme économique et clairement énoncée par Terra Nova par le lâchage programmé des classes populaires, livrées avec paquet cadeau aux griffes des partis fachos.
Cela dit, je conservais quelques doutes quant à la sincérité de l'engagement des militants socialistes, ces hommes et ces femmes de terrain (mais surtout ces hommes, quand même, les femmes en positions éligibles restant anecdotiques !) qui parlent avec leurs tripes et qui croient encore au pacte républicain, même si le rouleau compresseur consumériste a bien aplati toute velléité de lutte des classes depuis longtemps.
Lors des dernières élections, j'avais eu des échanges intéressants avec des socialos de base qui notaient bien le désengagement de leur cadre quant à une quelconque justice sociale, mais qui avaient l'air de penser sincèrement qu'avec les socialistes au pouvoir, ce serait moins pire qu'avec le petit excité ami des riches et des puissants, que les socialos ne sont pas xénophobes, par exemple, qu'on aura forcément mieux que Guéant à l'Intérieur, etc. En gros, l'idée, c'était qu'entre la peste et le choléra, on pouvait encore choisir la dengue.
Et puis, surtout, je me souvenais de la déferlante socialo lors des dernières grandes manifs contre la réforme pourrie des retraites qui se proposait, déjà, de voler deux ans de vie aux travailleurs. Appel à la grève, farandole d'écharpes tricolores en tête de cortège, les socialos gueulaient avec nous contre l'aspect inique de l'allongement de la vie au travail, autrement dit, la réduction brutale de l'espérance de ne pas vieillir dans la misère pour les jeunes générations.
Le fait est qu'entre la réforme de 2010 et celle de 2013, la seule chose qui a changé, c'est la couleur symbolique du gouvernement qui nous l'impose. Personnellement, quand je me fais avoir de cette manière-là, peut m'importe de savoir qui nous la met bien profond, à l'arrivée, on a tous mal au cul de la même manière. En moins fleuri : UMP ou PS, la misère que sèment ces honteuses soumissions aux appétits du MEDEF et de ses potes des organisations internationales de la misère sans frontières aura exactement la même sale saveur en bouche quand elle nous tombera dessus. Et pour être encore plus claire : je me tamponne des discours des uns et des autres, je juge la politique à ses actes et pour le coup, bien malin qui m'expliquera la différence entre une politique antisociale de droite et une politique antisociale de gauche.
Donc, j'étais là, dans le matin gris et humide de cette année merdique que le printemps a déjà déserté que l'automne s'apprête à faire de même, j'étais là et nous étions bien peu à y être. Disparus, les camarades socialos, disparue, la belle solidarité de classe, disparu, le légitime mécontentement alors que tout ce qui fait l'État solidaire est tranquillement démoli pour faire la place au cauchemar économique de la logique assurantielle.
Je savais, au fond de moi, que le socialisme contemporain n'avait plus rien à voir depuis longtemps avec l'idée humaniste et généreuse qu'en avait son fondateur. Je savais, depuis longtemps, que le jeu politique a été confisqué dans son intégralité par une seule classe sociale bourgeoise qui nous joue la comédie démocratique de l'alternance pour mieux continuer ses petites affaires lucratives entre amis. Je savais aussi qu'une grande part de notre corps social s'est fait pondre dans la tête par des décennies de propagande libérale et consumériste et que les gens qui ont encore une conscience politique inspirée par ce qui est gravé aux frontons de nos mairies pourront bientôt tous tenir dans un placard à balais de chiottes, je savais qu'on ne peut être trahi que par ses amis ou tout au moins ceux qui se prétendent comme tels, mais ça fait toujours un peu mal au cul de se rendre compte, une fois de plus, qu'on avait absolument raison sur toute la ligne.

La gauche socialiste populaire est morte et enterrée. Je l'ai vue avaler son extrait de naissance par sa criante absence à un combat que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre.

Je me souviens d'avoir prévenu les associations de blogueurs de gauche que l'antisarkozysme primaire était un piège mortel, que nous ne combattions pas un homme, mais un système, une vision du monde, une organisation sociale fondée sur le creusement des inégalités, l'exploitation de la misère, la prédation de tous contre tous. Remplacer Sarko par Hollande n'a absolument rien changé au programme de destruction sociale en cours, pire, les oripeaux de gauche dans lesquels se drape notre nouveau laquais des pouvoirs financiers bloquent une bonne part de l'esprit contestataire de ce pays, tant les gens sincèrement de gauche ont l'impression confuse, mais néanmoins bien ancrée que de dénoncer la politique économique et sociale du PS reviendrait à tirer contre son propre camp.
J'ai vu, j'ai parcouru, je suis revenue. J'ai pu comptabiliser la maigreur de nos troupes, la dispersion de nos idées. J'ai pris plaisir à échanger avec les amis et les gens qui restent fidèles à leurs idéaux, envers et contre tout, et j'ai acté la mort clinique et sans retour du socialisme en tant que force politique.
 La bonne nouvelle, c'est que maintenant la ligne de fracture politique entre la gauche et la droite est parfaitement visible et que nul ne pourra prétendre que le PS est encore un parti de gauche.

samedi 7 septembre 2013

Le rendez vous du mois d'aout




Si Robert Louis Stevenson a randonné dans les Cévennes avec l’ânesse Modestine, les Amis du Vieux Tilleul ont marché avec le poney Snoopy, à l’occasion du  rendez vous des anciens de la communale de St Andéol, car Snoopy était la monture d’Arnaud le benjamin des marcheurs.
La petite douzaine de marcheurs a rejoint le gros des troupes (les buveurs d’apéro) vers 12h30 pour le pique nique.
Cette année, les plus anciens élèves étaient Rose et Michel (85 ans) et Gérard était un des derniers élèves scolarisés lors de la fermeture de l’école en 1965.
Le prochain rendez vous des Amis du Vieux Tilleul sera le 13 octobre pour le traditionnel «  bulli ».


lundi 2 septembre 2013

Armes chimiques



Nul pays n'est plus à même que les États-Unis de condamner les souffrances abominables infligées à des populations civiles innocentes, et d'envisager d'en punir les auteurs.
Sans évoquer la destruction atomique par les Japonais de deux grandes villes américaines, en 1945, comment ne pas rappeler le long calvaire infligé à la population américaine par les bombardiers vietnamiens qui, sous un prétexte fallacieux (la présumée attaque d'un navire vietnamien), ont des années durant largué leurs vagues de napalm et de bombes à fragmentation.
Et, comble de l'horreur, ce sont ces mêmes bombardiers vietnamiens qui n'ont pas hésité à déverser l'agent orange à la dioxine sur les forêts américaines, crime insensé dont des milliers de pauvres nouveaux-nés malformés ont continué longtemps après à être les victimes.
On se souvient enfin comment le gouvernement irakien, après avoir rendu responsable le gouvernement américain, qui n'y était pour rien, de la destruction abominable de deux tours de Bagadad, affirma ensuite, (sous la foi fallacieuse d'une éprouvette brandie devant l'assemblée de l'ONU), que les USA détenaient des armes de destruction massive. Et en conséquence n'a pas hésité  à porter le fer et le feu sur le sol américain, au prix de centaines de milliers de victimes civiles...

Un texte de René MERLE, instructif, non ?

mercredi 21 août 2013

Le roc du Cornafion

La grimpée dans la cheminée

Au sommet, Gilbert et les deux Bernard

Le Cornafion vu du sentier Gobert
 
Mardi 20 août, Gilbert nous propose, à partir de Lans en Vercors, le Roc Cornafion 2049 m par le sentier des 2 cols.(col de l'arc, col vert)
Pour bons marcheurs n'ayant pas peur du vide ( 1180 m de déniv, 19 km et 6h de marche)
Balcon Est. aérien, parfois délicat et exposé.
Pour gravir le sommet il faut mettre les mains sur 20 m, aérien.
De l'antécime franchir une brèche par un pas de désescalade (couloirs exposés peu accueillants de chaque coté) et remonter vers le vrai sommet.
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jeudi 15 août 2013

le rocher de Chironne

Photos Gilbert MASSABO
Nous partons, Bernard, Alain, Gilbert et moi du versant diois du Col du Rousset pour la Via Ferrata de Chironne (une première pour Alain et moi, Bernard et Gilbert ont une bonne expérience de l'escalade ). La paroi est verticale avec quelques passages en dévers. La falaise franchie, nous nous dirigeons vers le But de l'Aiglette où nous cassons la croûte sous l'oeil des vautours fauves. Nous redescendons vers le col de Chironne pour gravir le But de Nève et retour par le Col naturel du Rousset.

dimanche 11 août 2013

Notes de lecture

Depuis la dernière note de lecture, j'ai lu et aimé : 
"Dans la mer, il y a des crocodiles" de Fabio Gueda, le témoignage d'un petit réfugié afghan
"Zé" de Bernard Mathieu, le 1er de la trilogie :"Le sang du Capricorne"
"Le mec de la tombe d'à coté" de Katarina Mazetti, une histoire d'amour improbable et suédoise entre une bibliothécaire et un paysan.
"Le vieux qui lisait des romans d'amour" de Luis Sepulverda, 120 pages de vrai bonheur.

J'ai aussi lu et moins aimé : "La rivière noire" un polar islandais (Hé oui...)  de Arnaldur Indridason.
Et je n'ai pas du tout aimé : " l'échappée belle" d'Anna Gavalda.

jeudi 8 août 2013

Tonton



C’est vrai que ça fait longtemps que je ne t’ai pas appelé  « Tonton », mais plus familièrement par ton prénom : « Albert ».
Ton parcours d’homme, de paysan commence, à St Andéol, le 5 septembre 1921,  tu viens au monde dans la petite ferme familiale du Pontay. Tes parents, Maria et Gabriel ont déjà deux filles : Gabrielle et Elise, Elise était ma mère. Ton enfance, c’est l’enfance de tous les petits paysans, l’école communale de six à douze ans, les vaches et les chèvres qu’il faut aller garder en rentrant et tous les petits travaux qui étaient dévolus aux gamins de cette époque. A douze ans, tu quittes l’école, il faut maintenant travailler. Dans les années trente la mécanisation de l’agriculture n’en est qu’à ses débuts, l’essentiel du travail se fait à la main, les foins, la moisson et la traite du troupeau.
Tu as dix huit ans quant la guerre se déclare et tu commence à gagner quelques sous en allant tuer des cochons dans les fermes et comme tu  es passionné de mécanique, tu t’achèteras  une moto qui  tombe en panne assez régulièrement et le plus souvent il te faudra aller de ferme en ferme à pied avec la caisse de couteau à l’épaule. C’est un travail dur mais ça te plait, tu en rapporteras pas mal d’histoires assez savoureuses que nous aimions t’entendre raconter.   
La guerre c’est aussi l’occupation et la collaboration.  Dans la famille Viron on n’aime pas beaucoup Pétain, le père Gabriel avait ramené de Verdun un éclat d’obus dans l’épaule et beaucoup de ressentiment à l’égard des gradés planqués à l’arrière.  Ces mêmes gradés qui gagnaient leur galon en faisant massacrer la jeunesse de nos campagnes. C’est pour cela que pendant ton séjour dans les Chantiers de Jeunesse, tu seras plus enclin à mettre la pagaille qu’à chanter : « Maréchal, nous voilà ».
Après la guerre, l’hiver, tu reprendras la « charcuterie à domicile », mais maintenant, tu as un associé, Marcel, qui deviendra ton beau frère en 1949. Car c’est en 49 que tu épouseras Denise (qui est aussi la sœur de mon père).
Toujours passionné par la mécanique, tu ne tarderas pas à t’acheter une voiture et un tracteur. C’est deux vénérables engins te seront trouvé par Pierre, le mari de ta sœur Gabrielle qui a un garage à St Vallier. La voiture, c’est une Chrysler avec des roues à rayons, et dans mon souvenir, aussi haute qu’une armoire. Les lundis, tu descendais tous les habitants du quartier au marché de St Donat, car il y en avait de la place dans ce véhicule… Le tracteur c’est un Deering à pétrole et j’étais le roi du monde quant tu me mettais assis à tes cotés sur le garde boue.
Avec Denise, vous travaillerez dur sur la ferme familiale, les gros travaux se font avec de l’entraide, entre voisins, mais il y a aussi le travail quotidien, la traite, le tabac, la basse cour, la maison…Michel nait en 1953 et Jacqueline en 1957 et vous aurez à cœur de leur donner une solide éducation, même s’il faut pour cela faire des sacrifices. Une longue vie de travail.  « Une année bonne et l'autre non, Et sans vacances et sans sorties… » Comme le chante si justement Jean FERRAT.
Une vie de travail, mais qui a aussi ces petits plaisirs, la chasse avec Léopold et René, les veillées et les petits plats que Denise mitonnait le dimanche avec vos enfants et petits enfants autour de la table.
Puis vient le temps de la retraite, une retraite dont  Denise ne profitera pas beaucoup, emportée par une maladie impitoyable. Pour toi, la retraite ce ne sera pas l’inactivité, l’oisiveté n’a jamais fait bon ménage dans votre maison. Sur ton John DEERE, dans les champs où dans les bois, la tronçonneuse à la main, tu trouveras toujours quelque chose pour t’occuper.
Pour certains, il y a une vie après la mort, pour les autres tout s’arrête à ce moment là. Mais pour tous ceux qui t’ont côtoyé, croyants ou non croyants, tu continueras de vivre dans nos cœurs, même si nous ne croiseront plus, sur nos chemins, ta silhouette familière.
Reposes en paix Tonton, reposes en paix Albert,